Violence scolaire: parents, que faire?

Angèle Martin

Maman de quatre enfants, enseignante d'arts plastiques, j'ai tristement découvert les conséquences de la  cyber violence scolaire.

Romain, l'un de nos enfants, alors âgé de 12 ans en classe de 5ème, s'est fait mettre à terre par 10 ou 15 élèves de 6ème, dans la cour de son collège entre 16h et 17h. Il n'en dit rien en rentrant, ni les jours suivants. Au fils des semaines qui vont suivre, complètement par hasard, nous allons apprendre un à un les détails de la scène, puis qu'une vidéo en a été faite et mise sur les réseaux sociaux.

Romain s'écroulera psychologiquement dès qu'il sera informé de la mise sur les réseaux sociaux. Nous n'aurons aucun soutien de la hiérarchie de l'établissement ni de la police, un commissaire me dira, droit dans les yeux " mais madame, nous ne la rechercherons jamais votre vidéo, ca coûte trop cher". Seule la justice nous tendra la main.Trois ans plus tard, Romain va bien, quelques élèves sont passés au tribunal, mais si lui a finalement dû changer d'établissement, eux, sont toujours là....

Nous avons rencontré une grande solitude; aider un enfant qui traverse de telles épreuves demanderait un entraînement qu'aucun parent n'aura jamais. Nous avons fait comme nous le pouvions, comme nous le sentions, chaque jour passé étant une petite victoire.

Je souhaite maintenant tenter de connecter entre eux les parents qui rencontrent des problèmes similaires. Nous devons échanger nos histoires, nos petites astuces, les choses à faire et à ne pas faire et, pourquoi pas, un jour, se rencontrer.

J'ai écrit un livre, avec l'accord de Romain, car ,"des Killians, il y en a d'autres ailleurs et il faut les arrêter", m'a-t-il dit un jour.

Essayons. Tous ensemble.