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Témoignages

-  Interdire les téléphones portable dans les établissements, les élèves se parlent alors davantage, échangent. On redonne ainsi de l'importance à l'aspect humain  dans la cour de récréation

-   Une vraie formation pour  les enseignants en matière de psychologie de l'enfant et de l'adolescent. Un enseignant de sciences physique est-il avant tout un enseignant, ou un physicien? la formation actuelle couvre  le volet spécifique à chaque matière et s'occupe peu, voir pas du tout, de l'aspect psychologique des elèves.Quel dommage.

-   Un engagement clair de l'établissement contre la violence: le chef, tous les adultes, les parents, les élèves: objectif inscrit au carnet de liaison, thème de réunion...

-   Surveillance accrue des couloirs, récréations, intercours, cantine.

-   Instauration de règles de vie très claires et respectées.

-     Chaque cas est unique, chaque solution aussi.

-    Vous partez pour une longue aventure, votre enfant aussi, il faut le savoir. Un marathon ne se court pas comme un 100 mètres. Il faudra, physiquement et moralement tenir dans le temps, quelques mois, quelques années. Le temps psychologique n'a rien à voir avec celui des horloges. Vous allez vous heurter à des "vous en êtes encore là? mais il serait temps de passer à autre chose?". Oui, certainement,et vous le souhaitez tellement!! Mais vous saurez, vous, ses parents, que votre enfant ne peut pas, il voudrait bien, mais il ne peut pas, il n'y arrive pas.

-     Discuter toutes les décisions avec votre enfant: il ne s'agit en aucun cas d'une éducation laxiste, mais c'est lui qui a été violenté, c'est son histoire. En conséquence, pouvons-nous en toute conscience lui imposer nos choix, "pour son bien" et contre son avis? Non. Dans notre histoire par exemple, contre tous les avis, nous n'avons pas voulu forcer Romain à changer d'établissement tant qu'il ne le voulait pas. Bien sûr nous avons souffert de son choix, mais le jour où il a été d'accord, son arrivée ( en milieu d'année, et en 4ème: pas facile!!) s'est très bien déroulée. Il a très vite retrouvé le sourire. Il est de même pour le suivi avec un psychologique: tout le monde y verra "la" solution, mais ce n'est pas si simple; s'il ne le souhaite pas, et ce fut notre cas, comment l'obliger à y aller,à parler à un inconnu d'une chose inexprimable et inexplicable pour lui? Nous avons tenté de l'emmener de force, nous avons bien dû reconnaître que cela ne servait qu'à aggraver la situation.

-     Sauf, sauf... s'il y a risque vital : Laisser son enfant au centre des décisions bien sûr, mais nous, parents, sommes responsables de la sécurité de nos enfants, donc, si nous le sentons menacé, bien sûr, son opinion n'a plus guère d'importance. Tout le problème est de savoir quand nous sentons un risque "grave". Rien de plus difficile à voir dans une situation qui nous dépasse déjà.

-      Entendre ce qui nous est confié, ce que dit "la victime", la prendre au sérieux. L'inciter à rapporter les faits en l'entourant avec amour d'une écoute disponible et aussi détendue que possible, même si cela est très difficile pour lui et pour nous.

-      Discuter avec ses camarades de classe, leurs parents; ils ont un autre regard, davantage de recul.

-      Prendre contact avec l'établissement : CPE, infirmière, enseignants, chef d'établissement. Vous aurez peut-être une oreille attentive et constructive,peut-être pas. Dans le second cas les choses vont devenir très, mais alors très compliquées. Hélas, cela arrive trop souvent.

-     Ne pas oublier que le seul soutien indéfectible d'un enfant, ce sont ses parents: nous devons, à tous prix, le soutenir. L'écouter, le consoler, à toute heure du jour ou de la nuit, l'aider dans son travail scolaire avec une patience infinie (si la situation est dure pour nous, n'oublions pas qu'elle est bien pire pour lui!)

-     A nous de le faire reconnaitre comme victime d'un traumatisme (premier pas vers une reconstruction possible), aller demander au chef d'établissement qu'il exprime clairement à votre enfant que ce que s'est passé n'est pas normal, qu'il est victime. Votre enfant doit absolument entendre cela d'une autre bouche que la vôtre.

-     Essayer de trouver un enseignant qui s'engagera à vos côtés.

-     En cas de problème violent, faire un constat à l'hôpital le plus proche : obtenir un arrêt médical de plusieurs jours vous aidera énormément pour espérer voir une plainte aboutir; peut-être éviterez-vous le "classé sans suite" que nous redoutons dans ces cas-là. Faites ce constat rapidement, avant que les traces physiques s'estompent (s'il y en a).

-     Porter plainte? si la question doit être posée, il faut y réfléchir. Là aussi, chaque cas est unique. La procédure sera longue, parfois coûteuse. Avez-vous des preuves solides? Votre enfant est-il prêt à répondre à des questions posées par un commissaire puis des magistrats? Cette démarche sera-t-elle, à priori positive pour lui? Voilà l'unique question à se poser, la réponse est complexe. Faisons au mieux de nos convictions et surtout, sans le regretter ensuite, quel que soit notre choix.

-     Répétez encore et toujours à votre enfant que ce n'est pas de sa faute. Il est victime et aucun cas responsable de ce qui lui est arrivé. Il n'a aucune honte à avoir même si c'est un sentiment qui l'envahi. 

-     Chercher, avec l'établissement, des solutions: repérer les agresseurs, envisager une médiation, sanctions.

-     Demander à l'établissement de vous tenir informé des démarches faites envers les agresseurs et leurs parents ( vous n'en aurez pas toujours)

-      Eviter, bien évidemment les " ne t'inquiètes pas"," ça va passer"," ce n'est pas grave", "tu m'énerves, pense à autre chose"...

-     Ne pas faire: discuter avec les parents des enfants agresseurs: les parents défendent trop souvent leurs enfants et cautionnent leur comportement agressif,

ne pas emmener notre enfant dans le premier entretien où vous évoquerez cela avec un enseignant :selon l'attitude de l'enseignant, cela pourrait augmenter la culpabilité de son enfant,

ne pas parler avec les enfants agresseurs: cela leur montrerai que notre enfant a besoin d'aide et risque de l'affaiblir encore plus

-      J'informe sans commenter: un numéro est proposé  par l'éducation nationale (enfin... c'est une association qui répond...), mais uniquement du lundi au vendredi de 9h à 18h, soit juste quand les élèves sont en classe, fermé soir et week end ( il fallait oser y penser!!): 3020        ou http://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/        

 

-   Même quand tout semble aller au mieux, il faut rester en mode "veille" : discuter avec son enfant de l'ambiance, du travail, des copains.

-   Certains enfants se taisent : n'oublions pas que nos enfants ne nous disent pas tout car ils veulent nous protéger. Et si nous apprenons qu'ils ont été agressés, nous en serons forcement malheureux, donc ils se taisent.

-   Ne pas faire des notes un impératif à tous prix. N'oublions pas qu'un élève qui se sent bien a souvent des résultats satisfaisants, tout simplement.

-   L'aider à consolider son estime de soi: mettre son enfant en valeur, le féliciter, l'encourager.

-  Instaurer l'exemple d'une culture constructive du conflit : discuter dans le calme, s'écouter mutuellement, chercher une solution quand un problème se pose.

- Supprimer tous les écrans connectés à partir d'une certaine heure: si votre enfant est harcelé sur les réseaux sociaux cela lui fera une petite pause, peut-être profitera-t-il du moment où il vous remettra son téléphone pour vous parler d'un éventuel problème. Et,même quand tout va bien,en leur enlevant les écrans, nous leur donnons possibilité de faire autre chose, communiquer, parler, lire ou tout simplement dormir plutôt que d' échanger des messages jusqu'au milieu de la nuit avec des "copains".

-  Etre attentif à tous les changements : notes, appétit, sommeil, état du matériel scolaire,  maux de ventre, dénigrement de soi, maladies inexpliquées, départ au collège difficile, refus d'aller à la cantine,....

-  Ne pas oublier qu'un enfant qui se plaint est un enfant qui demande de l'aide.

-          Allez voir un médecin qui arrêtera votre enfant (comme un arrêt de travail), ce qui vous permettra de voir une éventuelle plainte aboutir ensuite. Il est plus facile d'aboutir pour une plainte avec un arrêt (et de préférence de 8 jours ou plus !)

-          Prendre contacts avec les délégués des parents, l’infirmière, le professeur principal pour faire le point. Si on cherche clairement à banaliser les faits, remontez la hiérarchie : le CPE, puis le chef d’établissement, pourquoi pas le recteur… La raison laisse à penser que vous serez entendu, auquel cas les choses ont de grandes chances de s’arranger mais  les faits risquent de vous montrer le contraire ; vous vous retrouverez alors bien seuls.

-          Si vous êtes entendu, demander s’il y a déjà eu des faits similaires dans l’établissement ? qu’envisage la direction comme mesure ? faire part de vos attentes…

-          Insistez pour que votre enfant soit reconnu comme victime par le chef d’établissement : cela l’aidera à prendre conscience qu’il est bien victime, et non, comme trop souvent, à rester persuadé que c’est lui le coupable.

Au risque de me répéter, il faut se poser la question avant toute démarche. Notre société se repose de plus en plus sur la loi, mais cela ne règle aucun problème humain ou psychologique. La justice aide, éventuellement, si la démarche est réfléchie. Si l'établissement agit en responsable, prend les mesures qui s’imposent avec fermeté face aux agresseurs, votre enfant retrouvera relativement vite le sourire, sans doute sans plainte. Par contre, si l’établissement tombe dans le déni, et c’est hélas trop souvent le cas, la question judiciaire doit absolument être posée

Où aller porter plainte ? Si vous habitez ville, aller au commissariat le plus proche du domicile. En campagne, il n'y a pas de commissariat, il faut aller à la gendarmerie la plus proche.Vous n'avez pas besoin de vous y presser, les délais pour porter plainte sont relativement longs.

Quelle démarche faire ? Nous avons le choix légal de déposer une main courante ou une plainte. Les policiers vous pousseront presque toujours à ne faire qu’une main courante, évitant ainsi une transmission plus compliquée pour eux, et un dossier qui partira au tribunal pour examen (et qui encombrera donc les bureaux des magistrats)

a)  Une main courante laisse une trace mais, par définition, ne mène jamais à rien. Elle permet uniquement, en cas de récidive, de pouvoir prouver que des faits similaires ont déjà été signalés.

b) Une plainte : gendarmes et policiers sont obligés de prendre votre plainte si c’est votre souhait, c'est la loi, ils n’ont pas le droit de refuser. La plainte partira alors pour un très long parcours:

1-  Il  faudra plusieurs semaines à la plainte pour atteindre le palais de justice (même à quelques centaines de mètres) ; là, un magistrat la regardera  et décidera soit de « classer sans suite », soit de lui donner un numéro pour continuer son chemin.

2 -  Si vous avez la chance que votre dossier soit numéroté, il va poursuive  partir ensuite vers le commissariat de secteur du lieu des faits pour  enquête (donc sans doute le commisariat du collège) Cette démarche prendra des mois. Vous pouvez avoir des nouvelles de l’emplacement géographique du dossier en téléphonant au palais de justice et en demandant le bureau d’ordre (c’est lui qui classe, oriente, puis archive tous les dossiers).Vous et votre enfant devriez être contactés par le commissariat dans le cadre de l'enquête.

3 -   Après l’enquête de police, le dossier repart au palais, chemin qu’il mettra de nouveau plusieurs mois à parcourir, puis un magistrat décidera de la suite à donner : à nouveau un possible « classé sans suite », ou une possible mise en route vers le tribunal (un jugement qui sera noté dans le casier judiciaire), ou un simple rappel à la loi (passage des agresseurs devant un magistrat, sans confrontation agressé/agresseur et sans trace au casier judiciaire, c’est ce que Romain a obtenu)

Vous pouvez faire le tout sans avocat mais enseignez-vous auprès de votre assureur ( maison, responsabilité civile, carte bleue...)  car vous avez sans doute une couverture juridique, en particulier si votre plainte n'est pas classée sans suite. Toutefois, un parent qui se bat a plus de poids qu’un courrier d'avocat dans ce genre d’affaire (nous a dit notre propre avocat !!). Encore faut-il que le parent soit tenace. Le parcours est long mais parfois nécessaire pour que l’enfant violenté soit reconnu comme victime, en particulier quand l’établissement ne fait rien. Si l’établissement fait son travail, la démarche judiciaire m’apparait comme pesante, longue, épuisante ; inutile ?

Et bien, je n'ai guère de réponse. Après avoir beaucoup cherché, nous n'avons trouvé aucun interlocuteur  sur aucun des réseaux sociaux. Si quelqu'un a une idée, qu'il me la transmette!